Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bonjour je partage l'interview que j'ai réalisée ce jour avec Clarisse ENAUDEAU, Directrice Littéraire PRESSES DE LA CITE - Domaine Français

INTERVIEW Clarisse ENAUDEAU

Directrice Littéraire PRESSES DE LA CITE – Domaine Français

 

Notre amie Clarisse ENAUDEAU a gentiment accepté, récemment, de se soumettre à mes questions et je partage donc cet entretien sous ce post.

 

 

 

Bonjour Clarisse,

 

JM : - Comment allez-vous ?

 

Clarisse : Bonjour Joëlle,

Tout d’abord, un grand merci pour cette invitation à deviser ensemble !

Je vais bien et j’espère qu’il en est de même pour nos amis qui suivent fidèlement vos recensions en cette période à la fois étrange et anxiogène.

 

 

JM : - Tout d'abord, pouvez-vous vous présenter afin que nos amis puissent mieux vous connaître ?

 

Clarisse : Je suis directrice littéraire aux Presses de la Cité depuis près de six ans après avoir travaillé dix ans pour les éditions de Borée à la fois au service commercial et au service éditorial. Je fus donc représentante terrain pour de Borée puis responsable du développement et pour finir, éditrice pour cette même maison. Auparavant libraire à la FNAC Paris et déjà en charge de la littérature régionale. Ma formation fut celle de l’Ecole du Louvre. C’est un parcours qui m’a permis de connaître tous les aspects du monde du livre.

 

 

 

JM  : - Et si vous nous présentiez également votre maison d'édition ?

 

Clarisse : Les Presses de la Cité est une maison de presque 80 ans qui a publié des grands noms de la littérature : Georges Simenon, René Barjavel, Henri Quéffélec, … Aujourd’hui, les Presses de la Cité continue d’incarner la littérature populaire de qualité avec plusieurs cordes à son arc : la collection Omnibus (anthologies littéraires et beaux-livres illustrés), la collection Terres de France ( littérature de nos régions ) et des romans hors collection grand public dont la tête de file est Michel Bussi.

 

 

 

 

JM : - Vous dirigez la collection Terres de France : vous serait-il possible de nous en parler  ?

 

Clarisse : La collection Terres de France a été créée quant à elle en 1997 par Jeannine Balland. C’est désormais une collection emblématique des Presses de la Cité, qui invite à la découverte du patrimoine, de l’histoire et de la culture de nos régions. Riche d’auteurs tutélaires tel Jean Anglade ou Marie-Paul Armand, la collection offre un véritable tour de France de nos régions. Forte de sa notoriété, elle s’ouvre désormais au roman contemporain, à la saga, au roman féminin et au roman noir.

 

 

JM : - Quelles sont les missions d'un éditeur et comment se déroule une journée type aux PRESSES DE LA CITE ?

 

Clarisse : Les missions sont multiples : découverte de nouveaux auteurs, suivi éditorial, commercial et marketing de nos auteurs, lecture et retravail des manuscrits, représentation de la collection lors des salons et autres manifestations, relationnel avec les points de vente et la presse quand nécessaire, … Au vu de ces différentes missions, je dirai qu’il n’y pas de journée type. Chaque journée s’orchestre selon l’afflux des nouveaux manuscrits, des demandes de nos auteurs, des différentes réunions commerciales et éditoriales. Evidemment, l’ennui n’est pas de mise !!!

 

JM : - Combien avez-vous de collaborateurs et quelles sont les tâches qui leur sont confiées ?

 

Clarisse : Je n’aime pas le mot « collaborateurs ». Nous sommes une équipe de six personnes à l’éditorial à laquelle s’ajoutent des éditeurs et correcteurs free-lance pour des missions ponctuelles. Les tâches sont diverses : éditing et correction des manuscrits, suivi de la fabrication, rédaction des arguments commerciaux, suivi des couvertures avec élaboration des 4e et recherche de visuels avec les maquettistes, préparation des réunions commerciales et marketing, …

 

 

 

 

 

 

JM : - Sur quels critères retenez-vous les manuscrits à publier et combien de textes lisez-vous par mois ?

 

Clarisse : Le premier critère est d’abord la fameuse ligne éditoriale. Nous ne publions pas de science-fiction, ni de thriller par exemple. L’appartenance à un genre plutôt qu’à un autre permet un premier tri. Ensuite vient la localisation ; nos romans se passent toujours quelque part et ce quelque part est une région de France qui sert de cadre, de « contextualisation » à l’histoire. Que le roman soit contemporain ou plus historique, il est important de mettre en avant la culture, l’histoire ou les traditions de la région dont il est question.

Puis l’histoire elle-même ; nos lecteurs aiment nos romans car ils racontent des histoires, des intrigues, des secrets. Point de roman introspectif dans la collection !

 

 

 

JM : - Comment choisissez-vous vos auteurs et quelles relations entretenez-vous avec eux ?

 

Clarisse : Le terme « choisir » est un peu fort. C’est davantage une affaire de rencontres ou de hasard. La collection s’inscrit dans un genre : cela permet d’orienter mes rencontres avec les auteurs et inversement, des auteurs viennent à nous car nous correspondons à leurs univers de plume.

La relation auteur-éditeur est de l’ordre de l’intime, de l’affect. La création est quelque chose de magique qu’elle soit littéraire, picturale ou musicale ; je reste toujours admirative de ce besoin incoercible de créer. L’éditeur n’est qu’un accoucheur. Et quand l’auteur devient un ami, c’est un vrai bonheur !

 

 

JM : - Lisez-vous et quel genre ?

 

Clarisse : Je lis essentiellement des romans ; j’aime que l’on me raconte des histoires ! J’ai une prédilection pour la littérature américaine et japonaise.

Quelques polars pour me distraire aussi… Il n’est pas chose aisée de s’extraire de la lecture professionnelle des manuscrits pour ne se consacrer qu’à la lecture personnelle, plaisir.

 

JM : - Quel a été votre dernier coup de cœur littéraire ?

 

 

Clarisse : Texaco, de Patrick Chamoiseau ! Une formidable découverte lors de mon retour de Martinique. J’ai acheté ce livre dans le kiosque de l’aéroport alors que mon vol avait du retard. Je connaissais ce titre, prix Goncourt, cet auteur engagé mais quel choc. Je ne l’ai pu lâcher cette formidable épopée avec des personnages incroyablement incarnés et une écriture gourmande, pétrie de créole… Une musicalité qui ne m’a pas quittée pendant plusieurs jours après l’achèvement de ma lecture.

 

 

JM : - Quel est votre plus beau souvenir de rencontres lors d'un salon du livre ?

 

Clarisse : Ce n’est pas un mais des beaux souvenirs : ceux de lecteurs anonymes bouleversés ou enthousiasmés d’avoir pu rencontrer leurs auteurs favoris, la petite étincelle de joie dans leur regard après avoir pu échanger quelques mots en toute simplicité avec leurs romanciers préférés.

 

 

JM : - Pensez-vous que le livre papier a encore de l'avenir ou que l'édition numérique va bientôt le détrôner ?

 

Clarisse : Disons que la crise sanitaire va peut-être accélérer les choses. La hausse flagrante des téléchargements ces dernières semaines me fait penser que des habitudes vont être prises : praticité, rapidité, disponibilité et surtout prix et ce, au détriment du papier. Les jeunes générations s’accommodent déjà fort bien du numérique. Le papier restera sans doute l’apanage des éditions de luxe, des éditions plus rares mais aussi de ceux qui souhaitent « posséder » physiquement un livre aimé…

 

 

JM : - En dehors de la littérature quelles sont vos passions ?

 

Clarisse : Je suis une coureuse de fond invétérée. C’est pour moi une forme de méditation, une façon de se connecter avec son corps.

Sinon, je suis très gourmande : la gastronomie et le vin.

 

 

JM : - Quelle est votre citation préférée ?

 

Clarisse : Longtemps je me suis couché de bonne heure…

 

 

JM : - Si vous étiez une fleur, un fruit, une couleur, un animal : vous seriez ?

 

Clarisse : J’aime beaucoup le parfum très particulier du lys blanc mais rien ne me fait plus plaisir qu’un petit bouquet d’anémones.

La mangue est mon fruit préféré, charnu et sucré, porteur d’exotisme et de soleil. Un animal - je ne vais pas être très originale - le chat ou plus précisément un chat de salon, passé es maître dans l’art de la relaxation et de l’introspection.

 

 

JM : - Avez-vous quelque chose à ajouter ?

 

Clarisse :

Vous remercier, chère Joëlle, de votre passion livresque et de votre fidélité à nos auteurs. Ces derniers sont très touchés par votre constance à défendre la littérature populaire de qualité.

 

 

JM : - Clarisse, je vous remercie vivement d'avoir bien voulu m'accorder cette interview ainsi que pour votre extrême gentillesse et votre disponibilité.

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :